dimanche 16 décembre 2018

Sauve qui peut ...

C'est à quel moment qu'on réalise ou qu'on comprend ce qu'on veut dans la vie, ce qu'on vaut? Quel élément déclencheur est nécessaire pour qu'on réalise ce qu'on n'acceptera plus dans notre vie à l'avenir? De combien de signal d'alarme a-t-on besoin avant de comprendre qu'il est temps de se sauver à la course pour sauver sa peau avant qu'il ne soit trop tard? Ça prend quoi exactement avant que l'instinct de survie embarque, que tous les signaux d'alarme embarquent et  qu'on aie enfin le courage de se sauver, question de ne pas y laisser ce qu'on est? Combien de fois est-ce qu'on peut espérer s'en sortir avant d'y laisser sa santé mentale, avant de s'accrocher une fois pour toute dans un garde-robe? 

Mon problème à moi c'est que je ne sais pas ce que je vaut. Je ne sais pas ce que je mérite, ce que je dois accepter d'encaisser et ce que je devrais simplement refuser d'endurer. Je ne connais pas la limite entre les deux. Je ne sais pas à quel moment ça devient du caprice ou quand c'est simplement stupide de se laisser faire sans dire un mot.

dimanche 9 décembre 2018

Vague à l'âme...

"Well, they thought they were made for each other..."
- Kaleo: I can't go on without you


L'impression d'avoir le cerveau embrumé, paralysé. Comme si le monde tournait soudainement au ralenti. L'équilibre manque et je suis entièrement déboussolée, étourdie. Quelque chose ne tourne pas rond et c'est dans mon cœur que ça cloche. Quand le cœur ne va pas, c'est l'être en entier qui est impacté. J'avance, mais j'ai l'impression soudaine d'avoir été transformée en robot, en coquille tristement vide où ne subsiste que l'écho de mes soupirs à fendre l'âme. Un pied devant l'autre, par automatisme, par habitude, je continue de cheminer, sans but, sans objectif, simplement parce qu'il le faut, parce que je n'ai d'autres choix. Mais l'envie n'y est pas, n'y est plus. La volonté s'est enfuie en même temps que l'amour a quitté ma vie sans crier gare. 

On ne nous avise pas des risques que l'on court quand on accepte de donner notre cœur à quelqu'un d'autre, quand on accepte de se montrer vulnérable et sans défense, quand on laisse tomber les masques, les barrières qui nous protègent de la douleur. On ne nous parle que du côté positif de l'amour, pas du séisme extraordinaire et inévitable qu'on subira quand il décidera tout bonnement de partir. 

Mais il se passe quoi quand les papillons dans le ventre décident de mourir tous ensemble, d'un seul coup? Quand le cœur se serre de douleur plutôt que de battre si fort pour un sourire, un regard, un "Je t'aime"? Il se passe quoi quand les nuits se changent en interminable torture où chaque instant est passé à se remémorer les bons moments, à chercher exactement ce qui a pu faire dérailler la mécanique si bien huilée qui fonctionnait parfaitement jusqu'à maintenant? Il se passe quoi quand le lit est soudainement beaucoup trop grand et terriblement froid, glacial? On ne nous avertis pas qu'il y aura toutes ces nuits qui seront passées à se réveiller en cherchant l'autre qui y était il n'y a pas si longtemps pour ne rencontrer que le vide et l'absence, cette absence qui, à chaque fois, apportera la même sensation de se retrouver brusquement lancé dans le vide sans parachute. 

On nous parle de la beauté de ces toutes nouvelles teintes que l'amour apportera dans notre quotidien, du nouvel éclat qui sera présent partout où on portera notre regard. Mais on s'abstient de nous dire que, lorsqu'il s'absentera, le monde en entier perdra de ses couleurs, que tout deviendra terne, monotone. Pas un mot sur le fait que le sommeil disparaitra, que l'appétit s'éteindra, que la motivation se volatilisera, que les sourires agoniseront. 

L'amour, comme les cigarettes, devrait venir avec des avertissements...

La problématique première, dans mon cas, c'est que mes émotions sont très intenses, à fleur de peau en permanence. Aucun répit possible. J'ai la faiblesse de mes forces, l'autre côté de la médaille beaucoup moins reluisant, pas mal moins sympathique. J'ai déjà lu une comparaison qui m'a beaucoup marquée: les personnes atteintes d'un TPL sont comme des gens brûlés au troisième degré, sauf que ce sont leurs émotions qui sont affectées. Aucune protection contre les éléments, contre les paroles, contre les actions. Elles sont amplifiées, exacerbées. Tout est dramatique, tout est ressenti à l'extrême. Pas de petits déchirement: la souffrance, les chagrins, les peines sont transformés en véritable désespoir. Et le pire dans tout ça? C'est qu'ils ne sont pas forcés, qu'ils ne sont pas maquillés, ils ne sont pas amplifiés: c'est de cette façon précise qu'ils sont ressentis. 

Pas de demi mesure, pas de faux semblants, pas d'à peu près: tout est démesuré, insupportable. La douleur est réelle, la mélancolie est ressentie comme un véritable abandon. Et même en étant consciente de ce fait, je n'ai aucun contrôle sur la situation. Je fais face, encore une fois, aux vagues qui m'assaillent et j'attends la prochaine pause pour pouvoir reprendre mon souffle. 

La folie intelligente... Mon tourment, ma réalité, mon quotidien.

Je sais que le temps va apaiser la peine. Qu'éventuellement, je cesserai d'avoir cette boule de chagrin en moi, celle qui m'empêche de respirer normalement, de fonctionner comme un humain "normal". Je sais que le temps va faire son œuvre. Mais le temps... Il prend son temps! La patience et moi ne sommes définitivement pas amies. J'attends... Qu'il vienne l'oubli: je l’accueillerai à bras ouverts!

samedi 8 décembre 2018

L'espoir: ce tueur silencieux ...

"L’amour s’en vient, l’amour se meurt ; à peine un rire, et puis des pleurs."
 - Charles Aznavour (Il fallait bien: 1966)

L'espoir se glisse sournoisement dans le cœur, là ou se cachent les émotions, là ou il sait qu'il sera nourri, encouragé et stimulé. Il est hypocrite, perfide et insidieux. Dans les moments ou les émotions sont calmes, l'espoir apparait de nulle part et s'infiltre dans chaque recoins. Il place des micros partout pour s'assurer que ses messages seront bien entendus.

"Envoie-lui un message, même s'il t'a clairement dit de ne plus lui parler, même s'il était très fâché la dernière fois que tu l'as vu, même s'il est 5:30 du matin, même si tu dois installer une application sur ton cellulaire que tu avais effacée. Il veut connaître ce que tu ressens: il va lire ton message et ça va lui aller direct au cœur. Dis ce que tu sens pour lui: il va comprendre et il va te répondre, j'en suis certain!"

L'espoir est un menteur, un manipulateur. Il ne fait que dire le contraire de la logique et, le problème dans tout ça, c'est qu'on veut tellement le croire! Oui, il va changer d'avis! Oui, il va revenir en s'excusant! Oui, il va dire qu'il a fait une erreur, que c'était une décision prématurée et injustifiée! Oui, il t'aime toujours et s'ennuie de toi autant que toi tu t'ennuies! Oui, il passe des nuits blanches à penser à toi et à se languir de ta présence à ses côtés! Oui, lui aussi il est triste et regrette de ne plus t'avoir avec lui!

L'espoir... Il raconte des balivernes qui nous consolent pendant quelques instants. L'espoir, il raconte n'importe quoi et il le crie très fort. Il le hurle et les micros placés partout s'assurent qu'on ne ratera pas son message. On essaie de l'ignorer, question de sauver notre santé mentale. On ignore sa voix une fois, deux fois, trois fois... Mais qui peut vraiment prétendre être immunisé à sa voix charmeuse et enchanteresse? Pas moi...

Je voudrais ne pas la croire... Je voudrais ne plus l'entendre. Je connais d'avance ce qu'il a à dire. Je sais tout ce qu'il veut me répéter encore et encore. Je le connais son discours empoisonné. Je sais aussi qu'il faut que je l'ignore. Mais sa voix est comme celle de la sirène et je ne peux pas l'ignorer, peu importe à quel point je le souhaite. J'essaie... Dieu sait que j'essaie et que j'essaierai encore... Mais pour combien de temps?

mercredi 5 décembre 2018

Verdict: Folle Intelligente...

Je ne vois pas d'autre façon de décrire le chaos spectaculaire qui existe présentement entre ma tête et mon cœur. L'éternel combat entre la logique et les émotions. La version primaire du petit Diable et du petit Ange sur les épaules. Et la tête, prise otage entre les deux, qui penche d'un côté puis de l'autre jusqu'à s'en étourdir, jusqu'à en avoir la nausée.

La logique, froide, réfléchie, qui prend les faits et les analyse jusqu'à les réduire à une merveilleuse liste digne des plus beaux fichiers Excel. La rationalité, brute et raisonnable, cartésienne et conséquente mais oh! combien ennuyeuse. Pas de nuance de gris: seuls sont conservés les éléments noirs et blancs. Pas d'entre deux, l'hésitation n'existe pas et n'a pas sa place. C'est oui ou c'est non: pas de temps à perdre avec les "peut-être".

Les émotions elles... Elles ont le contrôle total sur les affolements, les émois, les sentiments, les frémissements, les frissons, l'exaltation enivrante et si addictive. Elles valsent allégrement avec les rêves, les songes, ceux que l'on fait éveillés, quand on voit le monde au travers d'un filtre au couleurs de l'arc-en-ciel. Débridées, expertes de tout ce qui à trait aux "si", aux "mais", elles sont sans limite, sans interdit, sans muselière. Libres et déchaînées, elles ne connaissent pas de frontières et donnent des ailes, blanches ou noires, dépendamment de quel côté penche la balance.

L'absence tout comme l'omniprésence de l'un comme de l'autre garantie de grands bouleversements...

L'équilibre parfait n'existant pas, je me vois malmenée dans cette tempête d'exaspération et d'incrédulité. Lancée contre mon gré dans cette mer tumultueuse, surfant difficilement d'une vague de chagrin à un creux de raisonnement, balancée d'un côté comme de l'autre, je cherche mon souffle dans cet océan chaotique ou ne règnent que la confusion et l'incompréhension. Je suis irritable, impatiente et je le sais (de là le côté intelligent de la folie). Je subis mes propres émotions sans barrage, sans protection, le cœur et l'âme à vif. Je ne sais pas à quoi je devrai faire face d'un instant à l'autre: la colère, la désolation, la rage, la douleur se tiennent toutes devant moi et m'assaillent sans ordre prévisible.

J'encaisse, coup après coup et attend de comprendre. Mais qui peut vraiment prétendre comprendre les sentiments, encore plus quand ceux-ci ne nous appartiennent pas. J'observe et je subis. J'attends que la tempête se calme. J'attends que le tsunami s'en aille terrasser quelqu'un d'autre que moi. Je prends bouillon après bouillon et j'en suffoque par moments, étranglée par trop de tristesse, par trop de confusion. Je regarde les vagues foncer vers moi et prie que tout s'arrête, que je sois épargnée. Mais je sais que la fin ne sera pas là demain. Je sais qu'il me faut m'armer de patience, faculté que je ne possède absolument pas. Je sais que le soleil reviendra, que les blessures se refermeront doucement, tranquillement. Le côté intelligent et logique de la folie, encore une fois. Mais pour le moment, cette dite folie me berce à chaque instant et me fait douter de tout. Je tremble de tout mon être, comme une junkie en manque, qui attend sa prochaine dose tout en sachant pertinemment qu'elle ne viendra pas. Le fait de SAVOIR n'empêche malheureusement pas l'espoir de pointer son nez, sentiment vicieux et perfide qui ralentit toute guérison.

On se croit fort et la chute est douloureuse lorsqu'on prend conscience qu'en réalité, nous sommes si faibles...

(À suivre...)

If only 2019 could start already ...

Dans le cadre de mon travail, j'ai parlé à une dame qui se disait "voyante" et dans un élan de sagesse (ou de curiosité, allez savoir) je lui ai dit que si elle habitait plus proche de chez moi, je serais allée la consulter afin qu'elle me dise ce que l'avenir me réserve. Qu'à cela ne tienne! Avec son grand cœur, la cliente me dit qu'elle sera heureuse de regarder ça pour moi pendant que je m'occupe de son dossier. Je n'en demandais pas tant mais qui suis-je pour refuser une offre aussi généreuse qui tombait à point dans une journée des plus ennuyante à servir le géant des télécommunications tout de bleu vêtu. Je m'occupe donc allègrement de son dossier pendant qu'elle me pose ici et là quelques questions somme toute assez anodines: ma date de naissance bien entendu et quelques question dans la même lignée. N'ayant rien à perdre, l'âme légère et le sourire aux lèvres, je lui répond en me disant que j'aurai sûrement droit aux bêtises habituelles dignes de l'horoscope du week-end dans le journal. Mais non! Elle prend une voix digne d'un véritable oiseau de mauvaise augure pour m'annoncer tout bonnement que 2018 sera une année catastrophique pour moi. "Pardon?" lui ai-je répondu, prise par surprise alors que je ne prêtais qu'une oreille distraite à ses propos, concentrée sur mon travail. "Vous avez dit?". J'ai sûrement mal entendu, n'est-ce pas? Une journée de merde, d'accord. Une semaine? Passe toujours! Un mois? Ça commence à être poussé, mais je peux encaisser. Mais une année? Minute, papillon! "Vous êtes en train de me dire que la totalité de 2018 sera mauvaise pour moi?". Et, tout bonnement, elle me confirme de nouveau ce qu'elle a dit. Ça m'apprendra à être curieuse...

Je ne dis pas que je crois en la voyance. Ça serait plutôt ridicule comme premier article publié sur ce merveilleux blog que je commence aujourd'hui. Mais (puisqu'il y a toujours un "mais", n'est-ce pas?)...

Mais, je commence à me dire, rendu au 5 Décembre, que la dame en question, elle n'avait peut-être pas tort. L'ironie dans tout ça, c'est qu'elle a peut-être placé un message dans mon subconscient et que je l'ai écoutée? Qui sait, en réalité! Toujours est-il que...

Il est presque 5 heures du matin et j'en suis à ma seconde nuit consécutive à voir le jour se lever. Je sais qu'encore une fois, je ne dormirai pas ce soir. J'envie ceux qui se sont tout doucement glissés dans les bras de la séduisante Morphée. J'envie ceux qui, l'esprit tranquille, ont couché leur tête sur leur oreiller et ont fermé les yeux sur une journée sans rebondissements désagréables. J'envie ceux qui n'ont pas eu l'esprit torturé par les questions, les regrets et les remords. Je suis jalouse de tous ceux qui se sont contenté de simples bâillements plutôt que de longs soupirs qui font trembler l'âme. 

Je suis jalouse de tous ceux qui n'ont pas vu leurs projets d'avenir chamboulés par quelques paroles toutes simples: 

"Je pense que tu n'es pas faite pour moi"

Quelques mots. Pas un paragraphe. Pas un roman. Juste assez pour faire en sorte que, tout d'un coup, le cœur ratte un ou deux battements. Juste assez pour que le corps en entier se mette en mode "panique". L'adrénaline se déverse en une fraction de seconde dans le sang et se propage à la vitesse de l'éclair. L'instinct primitif refait surface et le cerveau se met en mode "DANGER". 

"Je pense que tu n'es pas faite pour moi"

Toutes les images sont bonnes: l'ouragan, le tsunami, le château de carte qui s’écroule, le plancher qui disparait, les fondations qui s'écroulent. Pas besoin d'un dessin: il se fait tout seul. 

"Je pense que tu n'es pas faite pour moi"

Il y a une solution miracle pour remonter le temps, quelques instants avant que ce fameux château qui se tenait fièrement debout, à des hauteurs vertigineuse, ne se retrouve réduit à un amas de cartes anonymes et sans but? Il y a une potion magique qui fait changer le cours de choses avant que tout d'un coup, tout ce qui semblait sûr et confortable, acquis et réconfortant, ne soit arraché de nos mains avant même qu'on ait une seconde pour réagir? Le souffle coupé, on regarde nos mains désormais vide alors qu'un instant auparavant, le monde tournait tranquillement, sans faux bonds, sans accrochage. On regarde, ébahis, ces mains jointes qui tremblent et qui semblent soudainement inutiles. Toute la panique du monde, toute l'adrénaline générée par le cerveau ne serviront à absolument rien. On est victime absolument non consentante d'un crime commis à l'égard du corps, du cœur et de l'âme. 

Le lit autrefois si réconfortant et oasis de chaleur et de tendresse est soudainement transformé en ennemi, glacé et terrorisant. Il est désormais hanté de fantômes, souvenirs d'un passé pas si lointain ou l'innocence nous protégeait de la tragique possibilité qu'il pourrait éventuellement être douloureusement vide. Que les yeux soient ouverts ou fermés n'y change absolument rien: les fantômes sont dans la tête, dans le cœur et n'ont aucune difficulté à nous hanter dans un cas comme dans l'autre. 

D'une griffe acérée, vicieuse, ils nous labourent le cœur à grand coups de souvenirs: une parole, une caresse, un sourire, un regard. Tout y passe. Les yeux se transforment en torrent et n'arrivent plus à rester secs. Demain, ils seront le témoin flagrant de la douleur qui enserre le cœur et qui l'empêchent de battre normalement. Tout est analysé, tout est décortiqué: rien n'est épargné. Quand le cœur est brisé, détruit et meurtri, c'est comme si l'être en entier oubliait comment fonctionner normalement. 

L'amour protège, crée une armure d'innocence et de naïveté bienfaisante. Il efface toute trace de danger, de risque. Il nous berce dans ses bras réconfortant en nous faisant croire qu'il rime avec "TOUJOURS". Mais lorsqu'il décide d'aller s'établir ailleurs, les belles promesses sont oubliées en un instant. Quand il décide qu'il a assez donné, c'est l'univers en entier qui perds ses lunettes rose et qui change de couleur, autrement moins douces.

(À suivre...)